Cahier 2004-12

Titre :Les finances locales influencent-elles la croissance des villes ? Le cas des communes du département du Tarn
Résumé :L'objet de cet article est de questionner l'articulation entre finances locales et dynamisme économique des villes. Ce questionnement prend appui sur les interactions, fréquemment mises en exergue par les médias de tous genres, entre dérives des finances publiques, hausse de la fiscalité et effet répulsif sur le dynamisme économique local. Nous supposerons donc, comme point de départ, la non-neutralité entre mode de gestion des finances publiques locales et attractivité des villes concernées. Plus précisément, nous chercherons à tester la validité de l'hypothèse suivante : le choix d'un mode de gestion des finances d'une ville basé sur une “ convention d'orthodoxie budgétaire ” agirait positivement sur le dynamisme économique de cette même ville. Inversement, un management public local reposant davantage sur l'endettement (notamment), et faisant référence à une convention de nature “ keynésienne ” influerait négativement sur l'attractivité communale. Dès lors, toutes choses égales par ailleurs, plus une commune disposerait d'une épargne brute importante, plus elle pourrait autofinancer ses investissements et/ou accroître leur montant, à taux d'autofinancement donné, moins ses charges d'intérêt et de remboursement des dettes seraient importantes, et amputeraient les ressources de l'année suivante (épargne nette accrue) etc… Une gestion saine des finances d'une ville aurait enfin des répercussions en termes d'attractivité des ménages et entreprises : si l'endettement et la fiscalité sont contenus, la faible hausse de la fiscalité n'apparaîtrait pas comme un facteur entravant les choix de localisations au sein de cette commune. Nos observations sont constituées de l'intégralité des 324 communes du département du Tarn (France). L'attractivité des communes tarnaises sera envisagée en termes d'accroissement de population ainsi que de variation des bases fiscales. Nos hypothèses seront testées au moyen de régressions par les moindres carrés à partir de variables budgétaires (composantes des budgets primitifs des villes, indicateurs de dépenses, d'investissement, d'autofinancement, d'épargne, de richesse fiscale, d'endettement …) fiscales (fiscalité locale, impôt sur le revenu), ainsi que de distance (distance kilométrique et distance temps par rapport à la ville de Toulouse). Les conclusions que nous établirons seront ainsi envisagées en termes d'aménagement du territoire, en confrontant impact de la distance et impact des coûts “ fixes ” fiscaux. La confirmation de nos deux hypothèses ainsi que l'apparition d'un effet négatif de la distance par rapport à la métropole toulousaine sont les principaux résultats escomptés
Mot(s) clé :finances locales , convention d'orthodoxie budgétaire , dette , croissance , proximité
Title:Do local public finances influence the economic growth of cities? The case of the 324 cities of the Tarn Department (France)
Abstract:This paper aims at questioning the link between local finances and the economic dynamism of cities. This issue is based on the frequently stressed cases (by the media) of uncontrolled expenses of cities, increased level of local taxes and negative effects on local economics. Therefore, as a starting point, the lack of neutral link between urban management and local attractive power of cities will be assumed. The relevance of the following assumption will be considered : the choice of the financial way to manage a city would positively influence economic dynamism, provided it would express the agreement with a “budgetary orthodoxy convention”. Conversely, local public management, insofar as it is based (notably) on debts and refers to what could be called “keynesian convention” would negatively influence the attractive power of cities. Thus, everything else equal, the more a city would be granted with important saving resources, the more it could afford to finance it own investments (or increased investments with a given rate of self-financing), the less financial expenses would lessen the functioning resources of the following year, etc … Moreover, a healthy financial management would improve the probability of a city to attract households and firms : if debts and local taxes can be restricted to a law level (in respect to the national average level, to the one of close competing cities …), then this law yearly increase of local taxes would not seem to shackle the dynamics of locations within a given city. The empirical part of this paper deals with the test of the relevance of the previous assumptions. Our sample is composed with all the 324 cities of the French Department of Tarn. The attractive power of Tarn cities will be estimated by the increase (or decrease) of population. The assumptions will be tested thanks to ordinary least square regressions, and factor analysis. The database includes budgetary variables (budgets of cities, resources, expenses, savings, fiscal wealth, debts, investments, …), fiscal variables (local taxes, income tax, …) and also distances from each city to Toulouse, expressed in kilometres and in time. The conclusions will be detailed in terms of local planning, by comparing the impact of distance to fiscal “fixed” expenses.
Keyword(s):local public finances , convention of budgetary orthodoxy , debt , growth , proximity
Auteur(s) :Olivier THOMAS (IERT, LEREPS-GRES)
JEL Class.:R12 R15 R51 H74

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